Cabinet Yann Botrel

Le système limbique - circuit de la récompense

Le système limbique, appelé parfois cerveau limbique ou cerveau émotionnel, est le nom donné à un groupe de structures de l'encéphale jouant un rôle très important dans le comportement et en particulier, dans diverses émotions comme l'agressivité, la douleur morale, la peur, le plaisir ainsi que la formation de la mémoire. 'Limbe' signifiant 'frontière', le système limbique est une interface anatomique et fonctionnelle entre la vie cognitive et la vie végétative.

 

Cabinet yann botrel

 

Le cerveau - une organisation complexe

 On considère généralement que les principales composantes du système limbique sont les structures du cortex cérébral et subcorticales suivantes :

l'hippocampe, notamment impliqué dans la formation de la mémoire à long terme ;

l'amygdale, notamment impliquée dans l'agressivité et la peur ;

la circonvolution (ou gyrus) cingulaire ;

le fornix ;

l'hypothalamus.

Établie par Paul Broca au xixe siècle, la notion de « système limbique » a été remise en cause avec la découverte de leur rôle dans d'autres fonctions mentales que les émotions (comme la mémoire) et avec les progrès faits dans l'étude de l'évolution phylogénétique du cerveau. En effet, ces structures, longtemps considérées comme des homologues du « cerveau reptilien » ont en fait évolué de façon largement indépendante au sein des différents taxons des tétrapodes (reptilesoiseauxmammifères). Pour ces différentes raisons, la terminologie « système limbique » reflète plus une commodité de langage obsolète qu'une véritable entité neuroanatomique avec une définition précise.

Le terme « limbique » (du latin : limbus « le bord, la bordure ») a été forgé par le médecin et anatomiste Thomas Willis au xviie siècle pour désigner les régions les plus profondes et médiales des hémisphères cérébraux en bordure du tronc cérébral. L'adjectif fut repris xixe siècle par le neurologue Paul Broca pour désigner les régions situées sur le pourtour du cortex cérébral. Dans une conférence donnée à la Société d'Anthropologie de Paris et publiée dans la Revue d'anthropologie en 18783, Broca décrit ce qu'il appelle le « grand lobe limbique » divisé en trois portions qui se joignent d'avant en arrière : le bulbe olfactif, le cortex cingulaire et l'hippocampe. Stricto sensu, le cortex cingulaire n'est pas exactement situé « au bord du cortex » puisqu'il est séparé du corps calleux par l'indusium griseum (ou gyrus supracalleux). Dressant une analogie avec le cerveau d'animaux non-humains et remarquant la réduction du lobe olfactif chez les primates, Broca associe ce lobe limbique au comportement bestial par opposition aux facultés intellectuelles, prises en charge par le reste du cortex.

Le concept anatomo-fonctionnel du lobe limbique de Broca n'a cessé d'être révisé par la suite. D'une part, les régions olfactives ont été exclues du système limbique, notamment dans la conceptualisation du rhinencéphale par Turner (1890). Ensuite, James Papez a adjoint au lobe limbique des structures sous-corticales dans ce qui deviendra le circuit de Papez (1937), longtemps vu comme le substrat anatomique des émotions.

Les noyaux limbiques

L'amygdale est un ensemble de noyaux sous-corticaux situé dans le lobe temporal médial rostral en profondeur de l'uncus du gyrus parahippocampique. Les différents noyaux sont :

les noyaux basolatéraux qui reçoivent des projections des aires corticales sensorielles de haut niveau et associatives du lobe temporal et de l'insula. Ils projettent à leur tour directement vers le cortex associatif limbique, le cortex préfrontal et la formation hippocampique. De plus, via la voie amygdalofuge ventrale, les noyaux basolatéraux projettent sur le noyau médial dorsal du thalamus, qui projette sur le cortex associatif préfrontal. Les noyaux basolatéraux projettent aussi vers le noyau basal de Meynert, constitué de neurones cholinergiques qui projettent diffusément sur le cortex. Enfin, ils projettent sur les noyaux centraux de l'amygdale. On pense que leur fonction est de participer à déterminer la signification émotionnelle des stimuli sensoriels, ainsi que la mémorisation des stimuli émotionnels ;

les noyaux centraux qui participent aux réponses émotionnelles. Ils reçoivent des afférences viscéro-sensorielles des noyaux solitaire et parabrachial, ainsi que des noyaux basolatéraux de l'amygdale. Ils projettent via la voie amygdalofuge ventrale sur le noyau moteur dorsal du nerf vague (X) et sur les autres noyaux parasympathiques du tronc cérébral. Ils projettent également sur l'hypothalamus latéral ;

les noyaux corticomédiaux reçoivent des projections du bulbe olfactif ; ils projettent à leur tour sur le bulbe olfactif, ainsi que sur le noyau ventromédial de l'hypothalamus via la strie terminale. On pense qu'ils sont impliqués dans la régulation émotionnelle face aux stimuli olfactifs (ex. : comportements alimentaires et reproductifs).

La destruction bilatérale de l'amygdale altère la perception de la dimension émotionnelle des stimuli. L'expression affective de la mimique (ex : la peur), de même que la tonalité émotionnelle du langage ne sont plus perçues.

Circonvolution intra limbique

Elle est formée principalement de 2 structures, l'hippocampe et le fornix. Ces structures participent au circuit de Papez, circuit de la mémorisation.

L'hippocampe
L'hippocampe est divisible en 2 structures : le gyrus dentatus (ou dentelé) et l'hippocampe proprement dit (ou corne d'Ammon CA) :

le gyrus dentatus
C'est une petite région grise, prolongement de l'indiseum griseum. C'est la voie d'entrée des informations issues du cortex entorhinal. Ces fibres entrantes prennent le nom de voie perforante. Ensuite l'information va passer dans la Corne d'Ammon.
En forme de “V”, il est le second lieu dans le cerveau à contenir des cellules souches cervicales après la zone sous-ventriculaire (ZSV) ;

hippocampe ou corne d'Ammon, CA.
C'est une région essentielle. On la divise en 4 secteurs, CA1, CA2, CA3, CA4, ayant chacun des propriétés particulières. La CA 1 est notamment la zone du corps humain la plus sensible à l'ischémie: cette ischémie peut provoquer un ictus amnésique.

Les informations provenant du gyrus dentatus arrivent via des fibres moussues au secteur CA3. À partir de là, soit l'information emprunte la fimbria du fornix, soit elle part au secteur CA1, via la collatérale de Schäffer

Le fornix
C'est un système cruciforme de substance blanche, bilatéral et symétrique, permettant de relier l'hippocampe aux corps mamillaires et au thalamus. Les informations y circulent dans les deux sens.

 

Le système de la récompense et du plaisir

Le système de récompense / renforcement aussi appelé système hédonique, est un système fonctionnel fondamental des mammifères, situé dans le cerveau, le long du faisceau médian du télencéphale.

Ce système de « récompenses » est indispensable à la survie, car il fournit la motivation nécessaire à la réalisation d'actions ou de comportements adaptés, permettant de préserver l'individu et l'espèce (prise de risque nécessaire à la survie, recherche de nourriture, reproduction, évitement des dangers, etc.).

Plus précisément, le système de renforcement est constitué par trois composantes :

affective, correspondant au plaisir provoqué par les « récompenses », ou au déplaisir provoqué par les « punitions » ;

motivationnelle, correspondant à la motivation à obtenir la « récompense » ou à éviter la « punition » ;

cognitive, correspondant aux apprentissages généralement réalisés par conditionnement.

Certains psychotropes, comme l'alcool ou les opioïdes, agissent directement sur ce système quand ils sont ingérés, inhalés ou injectés dans l'organisme. Le dysfonctionnement du système de renforcement3 serait à l'origine de troubles du comportement (alimentaire4, affectif5, etc.), ou à la dépendance à des substances (psychotropes) et à des situations (jeux d'argent, sexe, jeux vidéo, etc.).

Des expériences ont montré son existence chez le poisson rouge, le marsouin, le pigeon, le rat, le chat, le singe et l'être humain, ce qui suggère qu'il existe chez la plupart des vertébrés, tels les poissons, les oiseaux et les mammifères.

Définition

Il existe plusieurs expressions pour désigner le phénomène de la « récompense » : « renforcement », « conditionnement opérant », « conditionnement instrumental », « loi de l'effet », « système de récompense », « récompense », ou « processus de renforcement ». Les définitions de ces termes sont données ci-dessous:

Récompense. Le terme « récompense » désigne deux choses :

la situation d'apprentissage, où un comportement devient plus fréquent parce qu’il a entraîné un stimulus positif (par exemple, un chien saute plus souvent au-dessus d'une barrière si, à chaque fois, il reçoit une croquette) ;

le stimulus positif lui-même (la croquette).

Les mots « récompense » et « punition » sont souvent utilisés, car ils sont simples à comprendre. Mais comme ils ont un sens culturel et moral, on utilise également le terme « renforcement », qui a une signification plus neutre, mais aussi plus générale et plus technique.

Renforcement. Les « renforcements » concernent l'apprentissage de réactions motrices (conditionnement skinnérien, opérant ou instrumental) et l'apprentissage de réactions autonomes (salivation, vomissement, piloérection, etc. qui sont apprises par conditionnement pavlovien ou classique). Le terme « renforcement » désigne deux phénomènes :

l'augmentation du comportement ou de la réaction qui a été renforcée (la salivation du chien de Pavlov quand il entend sonner la cloche) ;

par extension, certains auteurs appellent également “renforcement” la procédure d'apprentissage qui permet l'apparition ou l'augmentation de la réaction (l'association entre la nourriture (stimulus inconditionnel) et le son de la cloche (stimulus conditionnel) ).

On distingue des renforcements positifs et des renforcements négatifs :

les renforcements positifs (ou appétitifs), provoquent la répétition de l'activité qui a déclenché ces renforcements appétitifs. Les renforcement positifs sont, en général, perçus consciemment comme des sensations de plaisir (récompense) ;

les renforcements négatifs (ou aversifs), provoquent la fuite ou l'évitement de l'activité qui a déclenché ces renforcements aversifs. Les renforcements négatifs sont, en général, perçus consciemment comme des sensations de déplaisir (punition).

Renforçateur. Un renforçateur est le stimulus (récompense ou punition) qui provoque le renforcement. Dans le conditionnement pavlovien (ou classique), le renforçateur est le stimulus inconditionnel (par exemple la nourriture). Dans le conditionnement skinnérien (ou opérant / instrumental), le renforçateur est un stimulus (par exemple une médaille) qui suit le comportement et produit une modification de celui-ci.

Processus de renforcement. L'expression “processus de renforcement” désigne les processus neurobiologiques à l'origine de l'apparition ou de l'augmentation de la réaction qui a été renforcée8 (par exemple, les processus neurobiologiques qui provoquent l'association entre le son de la cloche et la salivation du chien de Pavlov).

Système de récompense. Le « système de récompense » correspond au regroupement fonctionnel de toutes les structures cérébrales qui participent aux renforcements (aire tegmentale ventralenoyau accumbenspallidum ventralseptum latéral, cortex préfrontal…).

Comme l'anglais est, dans les conférences scientifiques, encore plus souvent utilisée que le français, il est possible de rencontrer ces termes techniques en anglais dans des textes français. Voici la correspondance des principaux termes : récompense = reward ; punition = punishment ; renforcement = reinforcement ; renforçateur = reinforcer ; renforcement primaire / secondaire = primary / secondary reinforcement ; renforçateur positif / négatif = positive / negative reinforcer.

Sources wikipedia 

Hypnose Lyon

addictologie Lyon addictologue lyon

Ajouter un commentaire