Cabinet Yann Botrel

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  • Le jeux compulsif

    Casino, jeux de grattage, tiercé, poker en ligne. Certains ont une addiction aux jeux qui leur fait perdre beaucoup d'argent et souvent quelques proches ! La thérapie comportementale et cognitive est l'un des moyens privilégiés pour s'attaquer à ce trouble. avec un certain succès !

    La thérapie comportementale et cognitive utilise une approche similaire à celle employée dans d'autres addictions tel que la dépendance à l'alcool ou au tabac.

     

    Jeux compulsif lyon

    Définition

    Parmi ceux qui pratiquent les jeux de hasard et d'argent (gambling), certains développent une pathologie : le jeu devient une maladie ou une dépendance se traduisant par une impulsion incontrôlable à miser de l'argent. La dépendance est caractérisée par un état de besoin impérieux de faire une activité, ou encore de consommer une substance, par la nécessité d'en augmenter la fréquence, la dose afin d'en maintenir l'effet et d'éviter l'état de manque (sensation anxieuse). En 1980, l'association américaine de psychiatrie reconnaissait le jeu pathologique comme un trouble de l'impulsion (DSM-III). Selon une étude, environ 2 % des adultes répondraient aux critères du jeu pathologique.

    Sur le plan de la politique de la santé, le débat s'articule autour de deux conceptions opposées. D'un côté, une position défendue par l'industrie américaine et européenne des jeux d'argent, pour qui le taux de prévalence du jeu pathologique n'est pas corrélé à l'accessibilité aux activités de « jeu », et selon eux il n'y aurait pas lieu de légiférer. D'un autre côté, il y a ceux pour qui une réglementation pourrait limiter substantiellement le nombre de joueurs compulsifs et les coûts sociaux importants qui sont associés à cette psychopathologie.

     

    Etiologie

    Il n'existe pas une cause en particulier. Chaque joueur a ses propres raisons de jouer. Mais dans la plupart des cas, la personne essaie de détourner l'attention d'autrui ou de démontrer un sentiment de malaise.

    Certaines personnes jouent parce qu'elles ressentent la nécessité de succès spectaculaire. Ces personnes auront par exemple appris, souvent dans leur famille, qu'on est aimé et estimé des autres pour ce que l'on fait, pour nos succès, plutôt que pour ce que l'on est. De plus, parmi ceux qui ont appris qu'il est nécessaire d'avoir du succès pour avoir l'attention et être reconnu, la persévérance, peut venir soutenir le comportement de chasing (le fait de revenir jouer sans cesse dans le but de regagner l'argent perdu). Le joueur compulsif s'entête à persévérer et non à s'obstiner contre le jeu.

    D'autres expriment, par le comportement de jeu compulsif, de la colère ou de la rébellion. Ceci est basé sur la supposition que le jeu est un comportement qui sera perçu par la famille et les autres comme déviant et dérangeant. Certains sont en quête d'une libération d'un état de dépendance émotive par la recherche d'une activité qu'ils peuvent contrôler. Cela en prenant appui sur le lien qu'ils ont établi entre indépendance financière et indépendance émotive. Aussi, bon nombre de joueurs et de joueuses cherchent l'acceptation sociale, puisque autour d'une table de jeux, tous sont égaux (« Si vous avez l'argent, vous êtes accepté »).

    De nombreuses personnes qui ont un problème avec le jeu compulsif, jouent dans le but de fuir des émotions douloureuses. Par exemple, les joueurs dépressifs peuvent ressentir un regain d'énergie ou une libération d'endorphine en jouant. Ensuite, le jeu demande de l'attention, ce qui a pour effet de distraire l'individu de ses problèmes. De plus, les activités à hauts risques comme le jeu, de par les sentiments d'excitation qu'elles procurent, combattent le sentiment de vide et de mort. En outre, le jeu a comme effet de ralentir les personnes souffrant d'hyperactivité. Enfin, le jeu peut aussi être pratiqué afin de prolonger la phase « maniaque » d'une maniaco-dépression.

     

    Comment prévenir ?

    La lutte contre le jeu pathologique commence par la mise en place de campagnes de prévention, et par la limitation de la publicité audiovisuelle.

    Ainsi, un rapport du Conseil supérieur de l’audiovisuel au Parlement français, relatif aux conséquences de la publicité en faveur des jeux d’argent et de hasard, préconisait en 201113 :

    l'interdiction de publicité sur les chaines de télévisions et de radios dites pour mineurs ;

    l'interdiction de communication commerciale trente minutes avant et après un programme pour les mineurs ;

    la non dénaturation du contenu des émissions sportives : « lorsque des cotes sont évoquées dans une émission parrainée par un opérateur de paris sportifs ou hippiques, il est recommandé que soit fait référence à une cote moyenne ou, à défaut, à plusieurs cotes émanant de différents opérateurs » ;

    l'adoption d’une charte de bonne conduite par les différents acteurs, visant notamment à « limiter le volume et la concentration des communications commerciales en faveur de ces opérateurs » ;

    l'obligation d’apposition d’un message de mise en garde lors des diffusions des publicités ;

    l'interdiction de publicité sur les sites de jeux vers des sites de prêt d’argent ou qui incitent le prêt entre joueurs.

     

    Elements cliniques

    Préoccupation par le jeu (exemple : préoccupation par la remémoration d'expériences de jeu passées ou par la prévision de tentatives prochaines ou par les moyens de se procurer de l'argent pour jouer).

    Besoin de jouer avec des sommes d'argent croissantes pour atteindre l'état d'excitation désiré.

    Efforts répétés mais infructueux pour contrôler, réduire ou arrêter la pratique du jeu.

    Agitation ou irritabilité lors des tentatives de réduction ou d'arrêt de la pratique du jeu.

    Joue pour échapper aux difficultés ou pour soulager une humeur dysphorique (exemple : des sentiments d'impuissance, de culpabilité, d'anxiété, de dépression).

    Après avoir perdu de l'argent au jeu, retourne souvent jouer un autre jour pour recouvrer ses pertes (pour « se refaire »).

    Ment à sa famille, à son thérapeute ou à d'autres pour dissimuler l'ampleur réelle de ses habitudes de jeu.

    Commet des actes illégaux tels que falsifications, fraudes, vols ou détournement d'argent pour financer la pratique du jeu.

    Met en danger ou perd une relation affective importante, un emploi ou des possibilités d'étude ou de carrière à cause du jeu.

    Compte sur les autres pour obtenir de l'argent et se sortir de situations financières désespérées dues au jeu.

     

    Se soigner

    Comme pour toutes les addictions et presque toutes les maladies chroniques, la prise en charge précoce de l’addiction aux jeux d’argent est prédictive d’une évolution positive. On peut dire que plus l’on commence tôt avec le traitement, plus grande sont les chances de s’en sortir.

    Selon les études, la probabilité de guérir peut atteindre 60% mais souvent il reste des séquelles : conséquences des surendettements successifs, des épisodes dépressifs non pris en charge, de l’abus des autres substances... Même si l’addiction au jeu ne pose plus problème, lorsque l’on a été un joueur pathologique pendant longtemps comment revivre dans une situation de surendettement, comment accepter cette nouvelle vie et s’y adapter ? Comment retrouver une certaine aisance après une vie entière passée dans les casinos ?

    Une démarche précoce est donc une bonne mesure. Ensuite comme pour toutes les addictions, le premier interlocuteur peut être son médecin généraliste. Il est celui qui connaît le mieux son patient et ses antécédents. Il va le conseiller et le suivre dans sa démarche. Il va être le relais avec les spécialistes.

    Mais très vite, dans les addictions, une prise en charge spécialisée est à envisager. Dans tous les départements, il existe des structures médico-sociales, spécialisés, pluridisciplinaires nommés soit CSAPA (Centres de Soins d’Accompagnent et de Prévention des Addictions) ou dans certains endroits Maison des Addictions (exemple d’une Maison des Addictions).

    Les consultations dans ces structures sont gratuites et se font dans le respect de la confidentialité. Elles se dirigent aux personnes en difficulté, mais aussi aux familles et aux proches. Elles offrent de simples informations, un accompagnement, des propositions des soins. On peut y trouver à la fois une aide sociale, éducative et thérapeutique.

    Pour l’addiction aux jeux d’argent, les programmes thérapeutiques proposés sont basés sur des psychothérapies cognitives et comportementales, l'hypnose ainsi que sur un traitement pharmacologique. Souvent une prise en charge particulière de la famille ou de l’entourage proche s’impose également. Suivant la sévérité de l’addiction au jeu, une hospitalisation peut même s’avérer nécessaire. Elle peut être organisée à partir des CSAPA ou des Maisons des Addictions.

    On peut aussi contacter le joueurs-info-service soit par internet http://www.joueurs-info-service.fr soit par téléphone : 0974751313 (appel non surtaxé de 8h00 à 2h00).